“C’est quoi ça ?” est une question qu’on entend souvent chez les adultes qui souhaitent faire parler leur enfant. C’est un réflexe pour tenter de les faire parler. Mais, pourtant, elle n’aide pas à stimuler efficacement le langage. Pourquoi varier le type de questions est essentiel ? En répétant toujours la même question : “c’est quoi ça ?”, “c’est quoi ça ?”, “c’est quoi ça ?” (Je ne l’ai répétez que trois fois, et avouez que ça devient redondant)! L’enfant risque de se désintéresser et de rester en mode passif. Ainsi, il répondra par un mot ou deux et risque d’utiliser lui-même cette formule sans but réel. En effet, l’enfant pourrait imiter sans nécessairement comprendre ou apprendre. Voici des conseils pour savoir comment aider son enfant à parler.
Que dire à la place de “C’est quoi ça ?”
Plutôt que de poser toujours la même question, on peut diversifier les interactions pour enrichir le langage de l’enfant. Voici quelques exemples de formulations plus stimulantes :
Commenter
Exposer les enfants à de nouveaux mots et de nouvelles formulations de phrases se fait en commentant. En effet, l’adulte devient le narrateur de ce qu’il voit dans l’environnement (p.ex. dans un livre “Oh, la souris mange un fromage” ou en se promenant dans la rue “La voiture roule vite”). Il peut également offrir un modèle de ce que l’enfant pourrait lui-même dire (p.ex. “Je veux encore du lait”). Les commentaires permettent à l’enfant de faire des apprentissages alors que la question “c’est quoi ça” ne fait qu’évaluer les connaissances de celui-ci.
On observe parfois des enfants qui utilisent beaucoup “c’est quoi ça ?” pour s’exprimer. Ils imitent les adultes et ne sont pas réellement en train de poser une question. Dans le milieu orthophonique, certains l’appellent le monstre “c’est quoi ça ?”.
Sur quoi peut-on faire des commentaires ?
- les adjectifs qui décrivent un objet (p.ex. court/long, petit/gros, froid/chaud, couleur, etc.),
- les actions qu’on peut poser (p.ex. Le lapin saute, le lapin mange, etc.),
- les concepts spatiaux (p.ex. Le lapin est sur la maison),
- les concepts associés (p.ex. Le lapin est un animal. Le lapin aime les carottes. Le lapin est un rongeur, etc.)
Poser des questions ouvertes
- Donner des choix : “Tu veux le ballon bleu ou le ballon vert ?”
- Poser des questions ouvertes : “Qu’est-ce qu’on pourrait faire avec ça ?”, “Qui va lancer le ballon?”, “Où dort le lapin ?” quand ils sont petits. Puis des questions plus complexes quand ils sont plus grand, “Pourquoi”, “Comment”, “Quand”, etc.
Ces types d’interactions permettent à l’enfant d’enrichir son vocabulaire, de faire des liens entre les idées et de développer ses habiletés à produire des phrases complètes de façon naturelle et motivante. Ils l’invitent à penser, à s’exprimer et à explorer le langage, sans être mis sous pression.
Quand consulter en orthophonie ?
Si vous avez l’impression que votre enfant :
- Utilise très peu de mots ou de phrases ;
- Répète souvent la même chose sans s’adapter à la situation (ex. : “C’est quoi ça ?” pour tout) ;
- Semble ne pas comprendre ce qu’on lui dit ;
- A de la difficulté à s’exprimer clairement ou à se faire comprendre…
Une consultation en orthophonie peut être bénéfique pour apprendre comment aider son enfant à parler. L’orthophoniste pourra évaluer ses forces et ses besoins, puis vous guider avec des stratégies adaptées à votre quotidien.

